AG-Débat du 15 novembre
Introduction 1ere partie
Qui sommes nous:
Un Front Commun, regroupement de citoyen.nes, d’associations, de collectifs (RLG, M et moi, les Hirondelles, Associations des ami(e)s du programme du PM, Réserve citoyenne, Collectifs NFP) qui se retrouvent depuis avril mai 2025 pour l’unité de la gauche à Marseille et à la Métropole.
Nous sommes:
Des citoyen.es qui veulent que la démocratie locale soit beaucoup plus vivante avant et après les élections. Que les décisions et les projets soient co- construits et non imposés, que l’intelligence collective des habitant.es soit reconnue. Que le pouvoir ne soit pas dans deux seules mains qu’elles soient de droite ou de gauche. Une démocratie de gauche est partagée et pas monopolisée.
Nous sommes aussi:
Des personnes qui prennent et vivent de plein fouet l’injustice, des gens qui travaillent bénévolement dans des associations, des collectifs et voient, vivent quotidiennement ce qui se passe à Marseille et à la Métropole.
Et nous sommes révolté.e.s:
Par la pauvreté, par la multitude de personnes, seules, en famille, obligées de fouiller dans les poubelles pour manger, pour s’habiller, pour récupérer du métal, des affaires les plus variées pour les revendre...la poubelle bouée de survie, symbole de notre faillite et du triomphe du capitalisme qui écrase les gens comme de la purée.
Révolté.e.s:
Par les milliers de personnes qui vivent à même le sol, sur des matelas étalés sous les ponts, sur les trottoirs, dans des petits trous, dans des caves, à l’avant ou à l’arrière de leurs voitures, dans les coffres, dans des camionnettes...et ça s’étend, ça envahi la ville au fur et à mesure des années, la misère s’étale et partout, devient coutumière et nous nous habituons...
Stupéfaits, stupéfaites
Par la mauvaise qualité des transports en commun sauf dans un tout petit centre ville qui oublie la plus grande partie de Marseille. Les tramways, les métros tournent, desservent les mêmes rues, réservés aux mêmes quartiers, (au centre en transport en commun tu circules ; autre part dans Marseille, avec tes propres moyens tu te débrouilles).
Stupéfaits.es par les bus bringuebalants, trainant leurs vieilles carcasses, remplis à ras-bord, jusqu’au dégoût des voyageurs.
Surpris.es, par les bus qui ne s’arrêtent pas, qui ne viennent pas qui ne prennent pas les handicapé.e.s, rejettent les vieux, les faibles, qui ne circulent pas la nuit ou si peu, délaissant des arrondissements entiers.
Stupéfaits es par les travaux, les démolitions, les transformations faits sans concertation, sans même une information et par le mépris des gens qui gouvernent tout ça.
Ahuries, ahuris
De voir des arrondissements entiers bétonnés. Euromed est le nouvel âge glaciaire de l’architecture, de l’urbanisme. Les immeubles glaciers écrasent les 3 fenêtres, les petites maisons, les rues sinueuses...ne laissant derrière eux que des quartiers invivables, sans âme, sans proximité.
Ahuris es par le manque d’amour pour Marseille de ces aménageurs aménageuses politiques, par le manque de respect pour l’histoire de cette ville, des gens qui l’ont vécu et qui la vivent. Ils détruisent, effacent toutes traces de Marseille, Marseille populaire, Marseille chaleureux, Marseille multiples.
Leurs quartiers sont des pierres tombales. Leur métro, un hôpital. « Les couleurs de la vie, de la ville » sont effacées. Etouffant la vie sociale, le commerce, la joie d’être ensemble.
Et la liste est longue des révoltes et des combats que nous avons à vivre ensemble, La liste qui dit, que nous avons tant de raisons d’être unis, à gauche.
Pour faire triompher nos idées, contre l’injustice.
Pour des logements dignes, des transports dignes, une vie digne.
Pour des poubelles ramassées, destrottoirs qui ne soient plus des parcours du combattant.
Pour des écoles belles et modernes, pour des piscines, des lieux de loisirs nombreux et agréables,
pour des théâtres, des musées, des bibliothèques qui soient des maisons accueillantes pour toutes et tous.
Pour des quartiers chaleureux, sans danger, pour une politique solidaire pour tous, pour toutes.
Pour une ville de Marseille,attentive, où il fait bon s’asseoir à la fraiche, pour discuter, pour s’attarder, une ville pas étouffante, une ville verte et humaine pour toutes et tous.
Et pourtant malgré toutes ces raisons que nous avons d’être ensemble, nous sommes séparés. Comme des petits confettis. Et en face, il y a un parti, avec une pensée unique. Un mastodonte.
Un mastodonte qui chante la même chanson depuis 60 ans.
Une chanson qui rentre dans les esprits, qui devient habituelle comme une ritournelle. On accepte l’air de rien son refrain, on le gobe. Sa mélodie fait partie de nous, de nos raisonnements. L’étranger voilà le danger, l’autre voilà le problème. Quelques mots pour une pensée, quelques mots pour souder un peuple, quelques mots pour résoudre tous les problèmes de la société.
Quelques mots qui ressemblent aux tours des magiciens, qui détournent l’attention pour que nous ne voyons pas la réalité des choses.
Et même si on ne croit pas à ces sornettes, on passe beaucoup de temps à les contrer et beaucoup moins de temps à agir et à parler de ce qu’il faut changer vraiment pour améliorer la vie des gens, notre vie.
Et pourtant bien que nous sachions tout ça, nous sommes séparés. Nous qui ne voulons pas diviser, nous qui ne voulons pas monter telle partie de la population contre une autre. Nous nous divisons nous-mêmes et nous sommes faibles.
Et pourtant l’extrême droite qui désunit notre société réussit à unir. De la division, de la méfiance, de la peur, ils ont réussi à faire un ciment. Un ciment porteur d’espoir. Un rassemblement. Un rassemblement National.C’est pour toutes ces raisons et des milliers d'autres que le Front Commun existe.
Pour l’union de toute la gauche. Pour faire gagner nos idées et un programme d’actions pour Marseille et la Métropole. Pour battre la droite et l’extrême droite.
Le Front Commun veut inverser la vague fatale de la désunion. Nous avons rencontré ce dernier mois toutes les forces de gauche pour arriver à un rassemblement et en organisant des rencontres autour du logement, du transport et d’autres suivront...afin de construire des propositions communes de toute la gauche.
Le Front Commun existe pour soulever une dynamique, une force, un espoir de changement pour le mieux vivre de tous, pour que les gens s’approprient une campagne électorale qui soit pour eux et faite par eux. Le front commun existe pour que l’union ne retombe pas comme un soufflet dès l’élection passée.
Le Front commun veut être un antidote à la désunion, un lieu où tout le monde, quelque soit sa tendance à gauche, se retrouve, réfléchi, se respecte, se lie pour une liste et un programme partagé.
Une union pétillante, inventive grâce à sa diversité d’opinion. Une union optimiste à l’inverse des discours tristes de la droite et de l’extrême droite pour qui rien n’est possible sauf le recul social, la guerre entre nous.
Une union si importante, maintenant, pour ne pas finir, petits confettis dans une rigole emportés par un jet d’eau brune.
Parce que désunis, nous sommes morts ou pas loin de l’être. Surtout les plus démunis.
Parce qu’unis, nous sommes forts.